Test : Abzû


Abzû
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Note des joueurs :
4.7/5 - 15 notes
Note des 100% :
4.9/5 - 12 notes

Abzû

ps4


12 trophées au total
4 trophées cachés

523 joueurs possèdent ce jeu

100% par : 228 joueurs (44 %)
Note du jeu
15/20
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Test du jeu
ABZÛ

  • Test rédigé par Crocdeloup le 06-10-2016 - Modifié le 07-12-2016



Introduction


Pas besoin de retenir sa respiration avant de plonger.
Abzû. Ce petit mot renferme à lui seul un océan de merveilles, et de sagesse même, puisqu’il tire ses origines étymologiques (AB = océan ; ZÛ = connaissance) de l’ancien langage sumérien.
Océan, mythe, il ne manque plus que le mot voyage pour compléter le triptyque formé par Abzû, la première production du studio Giant Squid qui nous plonge en effet au sein des fonds marins et nous invite à la découverte d’un autre monde. Publié par 505 Games et sorti le 2 août 2016, ce jeu qui fait la part belle à la contemplation au détriment de l’action, était attendu au cœur de l’été comme une aventure rafraîchissante.

Le terme « voyage » ou « aventure », composante essentielle du soft, n’est d’ailleurs pas anodin puisqu’en anglais il peut se traduire par "journey". L’écho au titre de ThatGameCompany est loin d’être fortuit car le directeur artistique de Journey (et Flower), Matt Nava, a fondé Giant Squid pour travailler sur ce projet aquatique. Abzû n’est donc pas le premier venu dans la catégorie indépendant à vouloir offrir une expérience dépaysante et sensorielle, capable de titiller différentes émotions. Et que la tentation de le comparer à ses prédécesseurs est grande ! Le souvenir laissé par ces derniers est si propre à chaque joueur que l’ombre qu’il projette sur le titre peut aussi bien assombrir ses points ternes qu’en souligner les plus lumineux. Finalement, les attentes sont si diverses qu’Abzû se contente de naviguer où chacun voudra bien aller, s’immergeant en eaux calmes comme troubles pour essayer de définir sa propre identité.

Contenu du jeu


Aurait-on découvert l'Atlantide ?
Avant sa sortie, Abzû a su attirer quelques regards mais n’a en fin de compte pas vraiment parlé de lui, si bien que tout au long de l’aventure, il se réserve quelques petits mystères. Heureusement, parce que le contenu n’est pas son point fort.

Vous êtes ma conscience ?

Abzû invite principalement à la découverte des abysses mais pas seulement. Il faudra suivre les traces d’une civilisation perdue pour essayer de dissiper le flou autour du monde qui nous entoure et de notre personnage. Si le déroulement de l’histoire, qui se plante entre nature et technologie, est assez convenu et ne surprendra personne, le scénario en lui-même reste agréable à suivre. Il est facile de se laisser porter par le courant, en faisant néanmoins attention aux détails distillés par-ci par-là pour tenter de saisir le pourquoi du comment. Comme tout mythe, ici inspiré des légendes mésopotamiennes, il reste des zones d'ombres qui sollicitent une dose de libre-interprétation.

Car justement, il y a ce petit quelque chose qui ne connecte pas. L’émotion ne se trouve pas vraiment là, pas dans l’histoire en tout cas. On ne s’identifie pas à cette « nageuse », on ne sait pas vraiment qui elle est. Alors certes, on vit la même chose qu’elle, et c’est superbe, mais son histoire peine à nous atteindre.

Petit poisson

La faune est assez variée et demeure l’attrait majeur du titre, surtout qu’il ne tient qu’au joueur d’en découvrir une plus grande partie en activant toutes les « fosses cachées » présentes dans un niveau. L’effort fourni et le soin apporté à ces créatures est d’ailleurs appréciable et intelligent. Elles n’ont pas toutes le même comportement : là où les dauphins vous colleront aux palmes, les anguilles se feront la malle. Elles ne vous obéiront pas tout le temps (l’appel du ventre est toujours plus fort) et disposent de vitesses et maniabilités différentes. C’est donc un écosystème bien vivant qui s’agite sous la surface et qu’il vous est donné d’observer. Rien d’ultra poussé non plus, mais le détail reste plaisant.

Le mode Méditation, ou plutôt l’option, puisqu’il n’y a aucun mode de jeu à proprement parler, permet d’ailleurs de se poser façon buddha sur lotus pour admirer de manière malheureusement aléatoire les environs et les créatures qui les parcourent. Un point positif pour l’aspect contemplatif…ou pas. Que viennent donc faire ces deux énormes bandes noires en haut et en bas de l’écran ? Pas trouvé un autre moyen de mettre en valeur le nom des poissons regardés ? Adieu les belles captures d’écran. C’est dommage, surtout quand le jeu s’y prête merveilleusement.

C’est ainsi, il y a des fonctions qui ont été joliment travaillées là où d’autres manquent. Pourquoi par exemple ne pas avoir intégré un bestiaire pour profiter des espèces découvertes sans forcément lancer la partie ? Avec un petit descriptif pour satisfaire la curiosité de chacun ? Quitte à se targuer de vouloir immerger le joueur dans la peau d’un plongeur, autant pousser le concept afin de prolonger l’expérience et la rendre encore plus immersive.

Par contre, les coquilles spectrales de crustacés, objets à collectionner, viennent pimenter l’aventure dans un élan de bienvenue et nous encourage toujours plus à explorer. Elles ne font d’ailleurs pas qu’acte de présence puisqu’elles permettent de débloquer un brin de contenu in-game, à défaut d’une galerie d’artworks. Si le suivi de cette récolte est disponible dans le jeu à certains endroits seulement (on remercie la sélection de chapitres), celle des fosses cachées, mentionnées plus haut, n'a pas eu droit au même cadeau.

Nage droit d’vant toi

Alors certes, les niveaux ne sont pas très grands et la formule n'est pas celle du monde ouvert, mais la liberté de mouvement et le sentiment d'exploration sont bien là, assurés par le gameplay et la beauté des lieux. Il y a tellement de vie autour de soi, et de l'eau à perte de vue, même si elle n'est pas accessible, que l'impression d'être enfermé dans un bocal ne survient pas.

Parlons enfin des choses qui fâchent, frustrent ou déçoivent proprement, j’ai nommé ici la durée de vie. Un point qui, lorsque celle-ci est courte, fait remonter le prix en considération, allant du simple haussement de sourcil au désagréable grincement de dents. Honnêtement, il faut entre 2 et 3 heures de jeu pour finir l’aventure, voire les trophées avec. Sans parler de la rejouabilité, cela reste très court, et c’est peut-être parce qu’il faut remonter aussi vite à la surface qu’Abzû épuise son souffle côté contenu.

 

Note : 3/5

Aspect technique du jeu


Tu me fais de l’œil ?
20 000 couleurs sous les mers

Réalisé avec le moteur Unreal Engine 4 et une équipe de dix, Abzû est assurément une réussite technique. Les environnements et les créatures présentent une palette de couleurs si variées que chaque niveau, chaque endroit est un pur régal visuel. Verts, roses, oranges, intimes, joyeux, mystérieux, les fonds changent au gré de l’humeur. Jamais l’envie de les explorer ne se fait attendre. Ils ne sont pas révolutionnaires mais participent fortement à l'émotion : un instant on bondit allègrement hors de l’eau et un autre on se retrouve incroyablement seul devant un océan sombre, opaque et inquiétant, où on ose à peine s’aventurer. Et le monde marin n’est pas le seul à être peint avec adresse puisque les différentes ruines rencontrées bénéficient du même degré d’émerveillement. L’univers d’Abzû restera certainement dans les mémoires.

Les Seigneurs de la technique

Les effets de lumière sont beaux, la sensation de vitesse lors de forts courants ou des accélérations est très bien gérée, le sable bouge quand le personnage touche le fond, les mouvements de nage laissent de discrètes traînées pour prouver qu’ils fendent l’eau, tout va bien. Pas de bug préjudiciable. Quand on négocie mal son virage ou qu’on fonce dans les parois rocheuses, le personnage et les créatures voient leur vitesse chuter et viennent simplement se « cogner » contre les limites de l’environnement. Pas très gracieux certes, mais cela fonctionne.
Un tout petit bémol, les temps de chargement irréguliers entre les niveaux et le menu principal pourront faire rouspéter les moins patients.

L’Odyssée de Wintory

L’ambiance sonore est juste et immersive et se cale discrètement mais sans effort sur ce que l’on imagine d’une virée sous l’océan. La musique, quant à elle, est signée Austin Wintory. Le compositeur n’en est plus à faire ses preuves et offre une ambiance exceptionnelle qui portera l’aventure au cœur de l’émotion et dans tous ses états, relevant l’action ou posant l’atmosphère quand et comme il se doit.

D’ailleurs si l’aventure s’éternise (au premier niveau), la musique disparaît et une sensation de vide s’installe presque inconsciemment, et la remarquer subitement sonnera l’alerte que vous vous êtes trop éternisés et qu’il est temps de fuir cet ennui ou oppression pour se diriger vers la suite. C’est dire à quel point sa place est importante.

Graphismes et bande-son sont véritablement les moteurs de l’histoire.

 

Note : 4/5

Plaisir à jouer et à rejouer


L'école sous-marine du cirque ouvre ses portes !
Les développeurs ont misé sur son aspect très ludique et jouissif pour attirer le joueur dans ses filets. Et il faut avouer qu’on se lasse difficilement de faire des pirouettes à tout va.

Chez nous les poissons se fendent la pipe !

(R2), (croix), (L2) et (rond) seront les seules touches nécessaires pour vous éclater dans Abzû. Et de quoi s’amuser il y a. Ce gameplay minimaliste et jouissif trouve sa force dans sa bonne exploitation et son intention d'être plus instinctif que réfléchi. Il consiste à, dans le même ordre, avancer, accélérer, s’accrocher à certaines créatures et virevolter. La vitesse variée de celles-ci pousse d’ailleurs à vouloir toutes les essayer. Ces divers enchaînements donneront lieu à quelques maladresses c’est vrai, mais surtout à beaucoup de plaisir. En solo, en équipe ou comme chef d’orchestre, puisque les créatures les plus proches vous suivent, l’épanouissement sous l’eau est constant.

Le seul moyen audible de communiquer (carre) est musical, et s’utilise avec les petits robots que vous rencontrerez en chemin. Ils répondent à votre appel sous différentes tonalités, produisant des échos mélodiques qui s’intègre dans la notion de jeu si bien qu’on en vient même à regretter leur présence ponctuelle.

Cette prise en main rapide, ainsi que la satisfaction d’évoluer dans un milieu qui vous répond si vivement, amène avec facilité le joueur à se replonger dans cet univers.

On a le rythme, c’est d’la dynamite !

Abzû a un bon régime. Alternant entre exploration, courants marins (sorte de mini-jeu) et passages plus tendus, plus impliqués, on est tenu en haleine du début à la fin. Les différences d’ambiance ont rarement été aussi marquées et réussies et l’immersion est totale. L’océan se montre d’abord de façon timide, puis sa découverte devient exaltante, avant de déboucher sur son immensité impressionnante et ses recoins menaçants, et finalement de se montrer au meilleur de sa forme. Et c’est un véritable plaisir de suivre cette évolution qui porte l’histoire, et non l’inverse.

Cette connexion particulière avec le peuple de l'eau, qui s'approfondit au fil du scénario, se répercute dans le gameplay qui devient encore plus jouissif et confère au joueur un véritable sentiment de puissance. L’élément déblocable en ramassant les collectibles offre lui aussi un changement du genre, ce qui accroît une énième fois l'envie de s'y replonger. Si le contenu du titre reste sobre, ses mécanismes permettent de l'exploiter pleinement.

 

Note : 5/5

Plaisir à faire les trophées, le Platine / 100%


Vous avez peut-être raté un secret ou une référence...
Le guide de l'océan

Globalement, les trophées d’Abzû s’inscrivent dans une ligne de conduite assez classique : près de la moitié requièrent des actions spécifiques et le reste concerne les collectibles ou l’exploration (sauf un pour l’histoire). Pourtant, ils s’alignement remarquablement bien sur le principe de jeu et invitent à s’aventurer dans les recoins des niveaux sans donner l’impression de forcer la chose, puisque la notion de découverte est au cœur du titre et du gameplay. Ils servent aussi quelque part de tutoriel, en incitant le joueur à repérer les touches (Ballet) ou même les quelques ressorts du contenu (Trophique).

Un peu plus de challenge aurait été apprécié, et aurait pu justifier la présence d’un platine, surtout à ce prix, mais le jeu ne veut clairement pas s’y destiner. Son intention ici a le mérite d'être la même : se détendre et s'amuser. Les trophées ne seront pas source de soucis, aucun ne peut être manqué. Ils sont finalement si faciles à attraper qu'ils risquent de tous tomber lors de la première partie et de passer quasiment inaperçus. Ils souffrent alors de la faible durée de vie du titre, et s'étalent sur un premier temps de jeu trop court pour apprécier pleinement l'éventuelle chasse, bien que leur obtention prête à sourire.

Ainsi ces trophées ne font pas tant figure d’exploits mais plutôt de clins d’œil afin de ne rater aucun élément du jeu. Pourquoi pas. Dans le cas d’Abzû, ça fonctionne assez bien. Pas assez pour rassasier les chasseurs mais suffisamment pour être salué.

 

Note : 3/5

Contenu du jeu
Aspect technique du jeu
Plaisir à jouer et à rejouer
Plaisir à faire les trophées
15/20

Abzû n’emportera pas tous les joueurs avec sa courte et ravissante histoire, ni son contenu dont on attendait plus. Mais avec son principe, oui, car son véritable esprit réside dans le plaisir de jouer. Qui eût cru que nager avec des poissons était si fun et addictif ? À tel point qu’il est difficile de refaire le jeu pour les trophées manqués sans s’attarder sur ce merveilleux environnement, porté par une ambiance magistrale, et sans s’amuser avec sa population, dépeinte avec soin. Manette en mains, c’est l’heure de se détendre et de profiter du voyage.

Je recommande ce jeu :
À tous, Aux curieux, Aux chasseurs de trophées/platine facile